Formation continuée

Enseignement secondaire et supérieur pour adultes

Enseignement de la Ville de Liège


Formation continuée des enseignants des cours techniques et de pratique professionnelle en Communauté française


Le compte rendu d'une recherche scientifique sur la formation continuée des enseignants de cours techniques et de pratique professionnelle a été publiée dans "Le Point sur la Recherche en Education", dossier n°13 de décembre 1999, publication du Service de la Recherche en Education et du Pilotage inter-réseaux de l'Enseignement en Communauté française. Il s'agit d'une recherche réalisée par le service de Technologie de l'Education de l'ULg du Professeur D. Leclercq et à laquelle nous avons été associés au sein du Comité d'accompagnement. Nous publions des extraits du compte rendu de cette recherche.

1. Problématique sous-jacente : la formation initiale

Une étude sur "le recrutement et la formation initiale des professeurs de cours techniques et de pratique professionnelle en Communauté française de Belgique" a été menée de 1996 à 1997, en vue d'étudier les relations entre le recrutement des professeurs, leur formation initiale et la "situation de crise" que connaît l'enseignement technique et professionnel aujourd'hui (échecs, problémes de violence et de drogue, décrochages, ...).

Le travail entrepris apermis de montrer que l'enseignement technique et professionnel est tributaire d'un engrenage qui peut être présenté comme suit :

Par ailleurs, afin d'enrayer cet engrenage, trois constats ont été formulés concernant les compétences indispensables pour l'enseignant :

Ces trois constats centrés sur les trois types de compétences pratiques, pédagogiques et contextuelles montrent l'intérêt d'une articulation entre formation initiale et formation continue, mais aussi l'importance de considérer le recyclage des professeurs (leur formation continue) avec autant d'intérêt que leur formation initiale.

Les mutations actuelles de la société font en effet de cette formation initiale une premiére étape du processus de formation des enseignants, mais certes pas un processus complet en soit. Les formations continuées proposées aux enseignants pourraient (devraient) être une réponse aux trois constats précités. Dans le contexte actuel, fait d'évolutions constantes et augmentant sans cesse ses exigences, le systéme d'éducation est appelé à valoriser au maximum toutes ses ressources humaines et matérielles. La formation continuée est un moyen de satisfaire ce besoin.

2. Contexte de la recherche 98-99 sur la formation continuée

La recherche sur la problématique de la formation continuée des enseignants des cours techniques et de pratique professionnelle a été menée en interrogeant (par questionnaire) un échantillon représentatif de professeurs des différents réseaux. Il avait été décidé que 15% des écoles de chaque réseau seraient sélectionnées aléatoirement.

3. Analyse des résultats

Sur 592 questionnaires envoyés, 242 ont été récoltés (prés de 40% du nombre total d'envois), à savoir 65 questionnaires dans le réseau de la Communauté française, 112 questionnaires dans le réseau Libre et 65 questionnaires dans le réseau de la Province de Liége.

Remarque : seul le réseau de la Province de Liége a participé à l'enquête à cause de problémes rencontrés lors de l'envoi des questionnaires aux provinces, et l'enseignement communal n'a pas fait partie de la recherche.

Parmi les enseignants qui ont répondu au questionnaire, on dénombre approximativement 46% appartenant au réseau Libre, 27% au réseau de la Communauté française et 27% au réseau de la Province (de Liége).

3.1. Caractéristiques personnelles des enseignants interrogés

Les enseignants de l'échantillon effectif sont relativement âgés; ils appartiennent principalement aux catégories d'âge "31-40 ans", "41-50 ans" et "51-60 ans". Peut-être s'agit-il ici d'un biais dû à la distribution des questionnaires par les directions d'école, celles-ci estimant que les professeurs les plus expérimentés seraient mieux à même de se prononcer sur l'enquête.

Cet échantillon comprend approximativement 50% d'hommes et 50% de femmes. Les professeurs sont en majorité nommés (85%). 40% d'entre eux ont, suite à leur formation initiale, obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur de type court et 26% un diplôme de l'enseignement supérieur de type long. 10% des enseignants ont un diplôme de l'enseignement secondaire supérieur. Enfin, 98% des enseignants disent avoir un titre pédagogique.

En tant que membre du comité d'accompagnement, je tiens à souligner que lors de la recherche sur "le recrutement et la formation initiale des professeurs de cours techniques et de pratique professionnelle en Communauté française", une majorité de membres du comité avait défendu l'idée que la formation initiale pédagogique (agrégation de l'enseignement secondaire supérieur, inférieur, CAP ou CNTM) des professeurs de cours techniques et de pratique professionnelle faisait défaut pour une grande proportion de chargés de cours, suite à l'application de l'article 20 dans l'enseignement de la Communauté française et à cause des dérogations des titres B dans l'enseignement subventionné. Cette recherche infirme cette opinion puisque 98% des enseignants déclarent qu'ils possédent un titre pédagogique.

49% des enseignants interrogés affirment avoir suivi au moins une formation continuée l'année derniére. En général, il s'agit plutôt d'une (ou deux) formation(s), qui s'insére(nt) dans le cadre des cours qu'ils donnent. Les enseignants qui n'en ont pas suivi invoquent comme justification : des thémes qui ne sont pas en rapport avec leurs besoins, un manque de temps, des problémes pour obtenir les informations nécessaires concernant les formations proposées ainsi que des problémes d'organisation. Les enseignants interrogés disent avoir une impression générale positive (49%), voire trés positive (46%) des formations suivies.

3.2 Caractéristiques d'enseignement

Les enseignants qui ont répondu au questionnaire donnent principalement des cours techniques et de pratique professionnelle (51%) ou uniquement des cours techniques (31%). Ils enseignent principalement au deuxiéme degré et au troisiéme degré de l'enseignement secondaire, et davantage dans les secteurs "industrie" et "services aux personnes". La répartition au sein des différents secteurs correspond assez bien à la répartition effectuée lors de l'envoi des questionnaires.

3.3. Organismes proposant des formations

Les enseignants interrogés suivent principalement des formations continuées organisées par leur Pouvoir Organisateur (43%), l'Inspection (27%) et les Formations en Cours de Carriére (19%).

3.4. Priorité accordée aux trois types de compétences

On ne constate pas de différence trés marquée en ce qui concerne la priorité que les enseignants accordent aux compétences disciplinaires, pédagogiques et contextuelles. Les compétences disciplinaires sont considérées comme prioritaires, avant les compétences pédagogiques. Les compétences contextuelles arrivent en troisiéme position.

3.5. Conception des enseignants concernant les formations continuées

En général, les enseignants interrogés considérent que les formations continuées sont un gain en compétences pour l'école (74%) et pour eux (63%). Elles doivent être suivies tout au long du parcours professionnel (90%). elles permettent d'acquérir de nouvelles compétences (81%) et d'en approfondir certaines (70%). elles correspondent, dans leur cas, à une prise en charge de leur développement personnel (86%).

3.6. Choix des formations continuées

Les raisons qui aménent les enseignants à suivre des formations continuées sont les suivantes. Ils disent les suivre en fonction de ce qu'ils croient indispensable à apprendre à leurs éléves (85%), des problémes précis qu'ils rencontrent (50%), du programme (en comparant leurs compétences à celles précisées dans le programme, 50%), et de leur curiosité (ou pour élargir leur "culture générale", 48%). Rappelons que les formations suivies correspondent à une prise en charge du développement personnel des enseignants qui s'y inscrivent (86%).

3.7. Facteurs motivants ou démotivants

Parmi les facteurs motivants les enseignants à suivre des formations continuées, on note des apports concrets, utiles et pratiques (90%), le sentiment d'évoluer, de s'améliorer (86%), le fait de se sentir plus compétent (85%) et le sentiment de bien faire son travail (59%). Par contre, les conditions matérielles inadéquates (62%) et un manque d'apports concrets lors des formations (55%) sont les facteurs les plus démotivants. Les enseignants se sentent encore découragés par le fait que les formations ont lieu pendant leur temps libre (39%) et qu'il n'y a pas de remplacement prévu lors de leur absence (34%).

Ils considérent, comme aide potentielle à la mise en pratique de ce qui a été vu en formation, l'acquisition du matériel utilisé en formation (64%) et une formation basée sur des exemples et des outils concrets (61%).

4. Propositions d'améliorations du systéme de formation continuée belge

A la lumiére des informations récoltées par le questionnaire envoyé aux enseignants et sur base des points forts et faibles des systémes étrangers, des pistes d'amélioration de notre systéme de formation continuée peuvent être proposées.

Avant la formation :

Pendant la formation :

Après la formation :

5. Remarques concernant l'enseignement de promotion sociale

Un décret du 30 juin 1998 a enfin organisé la formation en cours de carriére des membres du personnel directeur et enseignant et du personnel auxiliaire de l'éducation de l'enseignement de promotion sociale. La circulaire PS361/99 du 11 mai 1999 en a fixé les modalités d'application.

D'aprés nos informations, l'application de la formation en cours de carriére pour le personnel de l'enseignement de promotion sociale rencontre un succés fort mitigé : en général on déplore une trop faible participation aux formations proposées.

Nous pensons que cette cituation est due à plusieurs facteurs démotivants : cours du soir, horaires morcelés et mixtes avec l'enseignement de plein exercice, diffusion insuffisante des programmes, trop peu d'incitants des autorités pédagogiques, probléme de remplacement lors de la participation à la formation, ou déroulement de celle-ci pendant le temps libre de l'enseignant, ...

Les propositions d'amélioration du systéme de formation continuée formulées par l'étude dont il est question devraient apporter des solutions à la situation décrite en Promotion sociale : par exemple en proposant des incitants tels que la reconnaissance de la compétence, l'attribution prioritaire des cours, la sécurité d'emploi ou d'autres avantages pratiques.

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