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Temps fort en humanités générales
La pédagogie du projet en résumé
Modalités d'application
En janvier 2003, nous avons appliqué la pédagogie du projet à toutes les sections des humanités de promotion sociale, soit à quatre classes des unités de formation de niveau 1 et à quatre classes des unités de niveau 2.
Il s'agissait de la seconde application d'un temps fort de cette méthode pédagogique mise en pratique durant quatre semaines, en interdisciplinarité, à la place de l'organisation traditionnelle des cours.
Cette démarche trouve son origine dans la constatation que les formations pour adultes appliquent encore essentiellement les méthodes pédagogiques traditionnelles de l'exposé, de la méthode interrogative, éventuellement accompagnées de l'utilisation d'outils audiovisuels, et de la démonstration suivie d'exercices d'application, tandis que les véritables méthodes actives sont trop peu mises en pratique. Face à cette situation, nous avons la conviction que la pédagogie pour adultes devrait favoriser les méthodes actives qui appliquent de véritables échanges formateurs-apprenants où ces derniers sont les acteurs de leur formation
Le 9 février 1999, la Libre Belgique titrait : "L'UCL rénove les candidatures en Sciences appliquées".
Petit à petit, l'idée fait son chemin d'axer davantage l'apprentissage sur les savoir-faire et savoir-être, et non seulement sur les contenus.
C'est dans cette direction que s'oriente la faculté des Sciences appliquées de l'UCL dés septembre 2000. Le tout s'inscrit dans le projet "Gérer sa formation" où l'étudiant est responsable de celle-ci et en est acteur.
Le nouveau programme place au centre du processus d'apprentissage, non plus le cours magistral, mais le projet. Partant d'un probléme concret, on construit une réponse en groupe et en interdisciplinarité. De là s'élabore le lien avec la théorie. Plus de place est accordée à la maîtrise de méthodes (démarches de résolutions de problémes) qui font l'objet d'une évaluation.
Lors d'une assemplée de tous les directeurs des écoles et instituts de l'enseignement de la Ville de Liége, l'Echevin Jules Jasselette a suggéré qu'il serait intéressant de développer la pédagogie du projet dans l'enseignement secondaire. Nous avons pensé que ce serait tout aussi valable dans l'enseignement de promotion sociale pour adultes.
Parmi les formations organisées par notre institut, le choix s'est porté sur celle du CESS - Humanités générales. En effet, les groupes du Certificat d'Aptitude pédagogique (CAP) sont animés par des pédagogues qui appliquent réguliérement les méthodes actives, compte tenu de leur formation et de l'objectif de la section : former des professeurs de cours techniques et pratiques. Les formations d'alphabétisation et de français langue étrangére recourent forcément aux méthodes actives. Les cours d'Hôtellerie sont une formation qualifiante essentiellement axée sur l'apprentissage du métier de commis de salle et de cuisine. La section du CESS - Humanités générales rencontrait plus de difficultés à appliquer les méthodes actives et la pédagogie du projet en particulier.
C'est une méthode de pédagogie fonctionnelle et active par laquelle les apprenants définissent (choisissent) une réalisation et prennent en charge les activités (les travaux) pour atteindre les résultats fixés.
Dans ce type de pédagogie, les adultes en formation conçoivent un projet qui les intéresse (en collaboration avec l'enseignant) et le réalisent en apprenant les savoirs, les savoirs-faire et les savoir-être déterminés comme objectifs par le formateur.
UN PROJET est donc une activité ayant pour objectif une réalisation, une production, en tenant compte des suggestions, des propositions, des souhaits formulés par le groupe des apprenants et des objectifs pédagogiques déterminés par l'enseignant. Les moyens seront décodés et mis en oeuvre par les apprenants en dialogue avec l'enseignant.
Préparation du travail
Détermination des conditions du travail autonome
Les différents partenaires (apprenants en particulier) participent à l'élaboration du projet : ils sentent qu'on prend en compte leurs demandes et leurs remarques (responsabilisation). Ce n'est donc pas seulement la proposition (ou l'imposition !)d'une équipe pédagogique, mais plutôt une élaboration commune.
Les apprenants sont au coeur du projet et ils ont le maximum d'autonomie et de resposabilité. Ils connaissent bien les objectifs visés.
Les différentes tâches ont été réparties entre les divers partenaires : chacun sait ce qu'il doit faire et de quoi il est responsable (apprenants compris) : ainsi les réunions ne se multiplient pas.
Le projet est géré par une personne (ce n'est pas un pouvoir mais une tâche !).
Le projet a une durée limitée et la gestion du temps a été mise au point.
Tout le monde est au courant de tout ce qui est fait : l'information doit passer.
Les résultats attendus sont définis (concrets, précis, évaluables, limités dans le temps).
Les modalités d'évaluation sont connues de tous et elles sont en rapport direct avec les objectifs. Tous les partenaires (éléves compris) participent à cette évaluation.
Rôle de l'enseignant
En décembre 2002, les étudiants des unités de formation de niveau 1 ont participé à diverses visites au choix parmi une quinzaine de possibilités différentes, organisées durant trois journées.
Ces diverses visites avaient pour but de créer un contexte stimulant pour le choix des projets :
Les étudiants des UF1 du CESS ont appliqué la pédagogie du projet "classique".
"Le décrochage scolaire", "Le cinéma belge", "Franquin", "Les mouvements dans le systéme solaire", "Le rayonnement liégeois du mobilier et de l'armurerie au 18éme siécle", "La place Saint-Lambert", "Le droit à la justice", "Croyances et superstitions en Wallonie", "Roméo et Juliette", "L'Egypte", "L'or", ... : cet extrait des projets témoigne de la diversité et de la richesse des recherches menées en groupes de travail par les étudiants durant quatre semaines.
Ces recherches ont abouti à diverses réalisations présentées en public aux étudiants et professeurs du CESS et du CAP ainsi qu'à des invités extérieurs : inspecteurs et membres des jurys du CESS. Les dossiers de synthése des recherches ont été présentés avec le support de diverses réalisations : expositions, montages vidéo, jeux de rôles, exposés accompagnés de supports audio-visuels, ...
Les étudiants des UF2 ont appliqué une variante de la pédagogie du projet : celle-ci a été axée sur la préparation de leur épreuve intégrée. Leur projet n'a pas été une réalisation collective en groupes de travail, mais une réalisation individuelle.
Les étudiants ont été invités à :
Fin novembre 2002, lors d'une demi-journée de formation continuée, les professeurs ont élaboré
Fin décembre 2002, les visites sont organisées. Les étudiants des UF2 déterminent définitivement le sujet de leur épreuve intégrée. Les sujets sont regroupés en trois catégories : société, littéraire, sciences.
Les horaires sont alors modifiés pour l'application de la pédagogie interdisciplinaire du projet.
Les professeurs et la directrice adjointe chargée de la coordination élabornent un carnet de bord pour le suivi des groupes de travail par les professeurs.
Durant le projet, diverses directives sont rappelées aux professeurs par la directrice adjointe : importance d'analyser la documentation et d'en extraire les mots-clés, nécessité pour les professeurs d'être des personnes ressources qui suscitent l'approfondissement des recherches et l'enrichissement des contenus des travaux, veiller au suivi des présences, stimuler la participation active de chaque étudiant au travail de groupe, veiller à la structure du travail écrit, ...
Des invitations sont lancées aux membres du jury des épreuves intégrées du CESS et aux inspecteurs pour qu'ils assistent à la présentation des réalisations des projets.
Des fiches de préparation à la présentation orales sont élaborées. Ces fiches permettent la réalisation d'un planning des présentations.
Des grilles d'évaluation sont préparées pour les spectateurs, l'auto-évaluation des étudiants et les professeurs (compétences à maîtriser).
La premiére semaine de février, aprés le projet, une évaluation globale a été réalisée avec les étudiants de chaque classe et leurs professeurs afin de relever les points positifs, les apprentissages qui ont été développés et les propositions d'amélioration pour l'année prochaine.
Une réunion d'évaluation entre les enseignants, l'équipe des auxiliaires d'éducation et l'équipe de direction a permis de dégager un bilan. Nous reprenons ci-dessous les conclusions de ces évaluations.
Enfin, un conseil des études réunissant tous les professeurs a examiné, pour chaque étudiant, la check-list des compétences maîtrisées.
Aspects positifs du point de vue des enseignants
Aspects positifs du point de vue des étudiants
Ils ont appris
Ils ont apprécié
Prolongements souhaités
Programmer le suivi (tutorat) des étudiants de 2éme année dans le cadre de leur épreuve intégrée. Chaque étudiant se verra désigner un tuteur.
Pistes d'améliorations
Réfléchir et trouver une solution aux problèmes suivants:
Cette expérience, mûrement réfléchie par rapport à celle de l'an dernier, fut trés enrichissante. Les améliorations futures ne pourront la rendre que plus formative.
Chantal COLLIN,